juil
24
2009
Thierry Crouzet dans un récent article sur Friendfeed et Facebook, s’essaye à une comparaison avec les centres commerciaux.
D’un autre côté, j’ai découvert Dev Hub, une plateforme Internet permettant, sans connaissance informatique de créer son site Internet mais surtout de le monétiser via l’intégration de modules publicitaires clés en main.
Idée saugrenue ou vision d’avenir, en tout cas je me suis dit qu’il serait délicieusement dégueulasse de pouvoir tagger ses propres photos Facebook à l’aide de modules de vente en ligne puis de toucher de l’argent par le simple fait d’être cool et admiré de ses amis.
Pas besoin de système de vente ligne reposant sur de la 3D ou de technos compliquées. Laissons faire le narcissisme des petites différences.
Karlos pour KM
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juil
23
2009
En France, l’économie sociale se définit comme l’ensemble des entreprises n’étant ni des entreprises publiques, ni des entreprises de type capitaliste : un tiers secteur couvrant des statuts juridiques aussi variés que les associations, les mutuelles (dans son sens large), les coopératives (de travailleurs ou d’achats) et les fondations.
Ces structures se distinguent des entreprises classiques car elles placent – en théorie – l’intérêt de leurs bénéficiaires au cœur de leur activité, sans le mettre en concurrence avec des intérêts extérieurs à l’entreprise. Par exemple, mutuelles et coopératives ne sont pas gouvernées par des actionnaires anonymes, mais par des représentants démocratiquement élus des clients « sociétaires » (dans le cas des mutuelles, qui ne possèdent en outre pas de capitaux propres ; ou dans le cas des banques coopératives, dont les sociétaires possèdent des parts sociales à la rémunération encadrée) ou bien par les salariés (dans le cas des coopératives de production).
Cette spécificité est supposée garantir une meilleure prise en compte de l’intérêt des bénéficiaires. Ce n’est ainsi pas un hasard si l’économie sociale a historiquement accompagné la démocratisation de certains produits répondant à des besoins fondamentaux (prévoyance et santé, crédit, assurance dommages), en les rendant accessibles à des populations qui en était jusqu’alors écartées. Ce n’est pas non plus un hasard si des structures d’économie sociale sont aujourd’hui fortement positionnées sur des secteurs peu (ou de moins en moins) occupés par l’Etat et ignorés par les entreprises capitalistes car faiblement rentables (on pense ainsi à la vigueur du milieu associatif sur le terrain de la dépendance comme sur celui de l’éducation populaire).
Fait étrange : alors que la crise financière et économique a ébranlé le capitalisme sur ses bases, alors que des millions de français sont impliqués, parfois sans le savoir, dans des structures d’économie sociale (la moitié des français est assurée via des mutuelles et possède un compte dans une banque coopérative ; plusieurs dizaines de millions sont engagés dans des associations ; selon le CNCRES, l’économie sociale représente environ 10% de l’emploi en France), il semble que cette belle idée reste largement méconnue, et qu’elle ne contribue pas au débat public. Pourtant, le statut juridique et l’objet social de ces entreprises peuvent apparaître comme des alternatives au court-termisme et à l’absence de prise en compte de l’intérêt collectif, aujourd’hui reprochés à l’économie capitaliste dans sa version financiarisée. Continue reading
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juin
16
2009
Hier, à l’assemblée nationale, s’est tenu un colloque sur la biopiraterie, à l’initiative du collectif biopiraterie.
Devant un parterre de militants, plusieurs représentants d’associations luttant contre l’appropriation du vivant par les multinationales se sont exprimés.
Parmi eux, on trouve Vandana Shiva, figure charismatique, qui a lutté 10 ans de sa vie pour que les brevets sur le Neem soient annulés.
Voici les principales idées qui ont été abordées lors de cette réunion :
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juin
1
2009
Que retient-on du 20ème siècle en matière de théorie économique ? Schématiquement, trois courants semblent avoir concentré l’essentiel des débats : le courant libéral (dans sa forme classique comme dans sa forme « néolibérale », à relier aux théories monétaristes), le courant keynésien, et enfin les courants d’inspiration marxiste, qui se sont efforcés d’adapter la parole originelle de Marx aux évolutions du capitalisme et aux échecs successifs du « socialisme réel ».
Ce partage bien délimité de la science économique a laissé peu de place à Joseph Schumpeter (1883-1950), économiste inclassable tant par le contenu de ses analyses que par son caractère touche-à-tout, l’économie n’étant avec lui jamais loin de l’histoire, de la science politique, de la sociologie.
Que retient-on de Schumpeter, aujourd’hui ? La vulgate économique ne cite guère son nom qu’en deux occasions : tout d’abord, lorsqu’il s’agit de faire référence au rôle moteur de l’innovation dans le capitalisme ; ensuite, lorsqu’il est fait mention du phénomène de « destruction créatrice », bien connu des préparationnaires et des étudiants en économie, selon lequel les emplois détruits ici par les innovations de toutes sortes (nouveaux produits, nouveaux marchés, nouveaux processus de production, etc.) sont recréés sous d’autres formes ailleurs.
De nos jours, la « destruction créatrice » est souvent utilisée dans le débat public comme une justification macro-économique des délocalisations ou de l’automatisation des tâches à outrance (machines remplaçant les caissières de supermarché, par exemple), assimilant de fait Schumpeter à un théoricien plus glacial que le plus libéral des libéraux. Pourtant, lorsqu’il invente sa géniale formule, Schumpeter ne fait que dresser un constat en bon observateur des cycles économiques. Son point de vue est descriptif, et non normatif. Il ne prétend pas que la destruction créatrice doit être, mais qu’elle est. Continue reading
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mai
21
2009
Avez-vous déjà remarqué cette fâcheuse tendance qu’ont les médias à se pencher sur eux-mêmes ? Les journaux parlent de la crise de la presse, la télé célèbre ses meilleurs moments (les enfants de la télé) ou s’auto-diagnostique (arrêts sur image), même la radio s’y met en programmant des émissions sur le PAF (Morandini)… Cette instrospection (ou cette psychanalyse) n’est pas sans intérêt, mais elle détourne clairement les médias de leur fonction première : être les supports d’une information ou d’un débat public.
A ce titre, Internet est le média de très loin le plus auto-centré.
Tous les blogs parlent d’Internet (miroir, miroir, mon beau miroir), même ceux dont ce n’est absolument pas le sujet. Le blog de paul Jorion, La vie des idées ou encore Bernard Stiegler. Si leurs réflexions sont intéressantes et j’ai parfois l’impression que c’est un passage obligé pour tout blog.
Notez au passage, la contradiction interne à ce billet, qui est par ailleurs complètement assumée
.
Avant d’analyser quelques mécanismes de fonctionnement du Web, il me paraît important de se poser la question de ce qu’est Internet. Voici trois pistes de réflexion.
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mai
12
2009
J’ai lu et apprécié le dernière tribune de l’économiste Thomas Piketty, publiée dans Le Monde du 29 avril 2009, et reprise par le site ContreInfo . Sa thèse peut-être résumée ainsi : la crise a beau avoir donné un coup d’arrêt aux excès dérégulateurs apparus ces dernières décennies, elle ne suffira pas à elle seule à infléchir la tendance de fond que le capitalisme connaît depuis les années 1970.
Cette tendance de fond, c’est le retour à un capitalisme « patrimonial », créateur d’une société plus inégalitaire où les destins individuels dépendent davantage de la fortune accumulée (le capital) que du mérite (le travail).
Cette forme de capitalisme, explique clairement Thomas Piketty, a connu une longue parenthèse au milieu du siècle. Les années de guerre et de crise (1914-1945) ont en effet laminé les fortunes patrimoniales, tandis que les années de reconstruction (1945-1970) valorisaient le monde salarié et le travail, ainsi que l’idéal méritocratique l’accompagnant.
C’est fini, constate Thomas Piketty, qui pronostique que « les patrimoines et leurs revenus vont se situer au 21ème siècle à des niveaux au moins équivalents à ceux du 19ème siècle et du début du 20ème. » Empruntant une image littéraire intéressante, il estime possible que nous revenions dans « un monde où Vautrin pouvait benoîtement expliquer à Rastignac que la réussite par les études et le travail était une voie sans issue, et que la seule bonne stratégie d’ascension sociale consistait à mettre la main sur un patrimoine. » Avis aux amateurs de comédie humaine…
Marcos pour KM
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mai
7
2009
Dans ce billet, je présente deux approches différentes de la situation actuelle du capitalisme. Celle de Let’s make money de Erwin Wagenhofer qui laisse présager que le capitalisme sauvage nous conduit tout droit au bain de sang et celle de Alex Tabarrok qui nous dit que le PIB est prêt a repartir sur des taux de croissance peut être même plus élevés que ceux des 50 dernières années.
Il me semble intéressant de noter que si les idées qui mènent à ces conclusions sont divergentes, les narrations des deux exposés sont fondamentalement différentes. Let’s make money opère à travers une approche purement qualitative du capitalisme, peu de chiffres, une série de reportages et d’interviews de personnalités très variées réunies par un même intérêt pour l’économie. Alex Tabarrok nous présente une pensée systémique qui se développe sur le slogan : “an idea, one world, one market“.
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1 comment | tags: capitalisme, convivialité, education, pouvoir, rapports de force, redistribution | posted in penseurs, société civile
avr
30
2009
Toute bonne critique du capitalisme ne peut être détachée d’une analyse des mécanismes qui font son succès. Difficile, en effet, de prédire la chute imminente d’un système qui se distingue par sa longévité ; difficile, alors, de ne pas se pencher sur les raisons d’une telle pérennité.
Les théories en la matière ne manquent pas. Certains économistes soulignent le rôle joué par l’innovation dans le renouvellement constant du capitalisme. Des historiens mettent en avant le rôle de l’expansion guerrière (colonisation) et des conflits armés (guerres mondiales, guerre froide), qui lui ont permis de surmonter ses principales crises. Sur un registre plus sociologique, d’autres penseurs ont démontré la capacité du capitalisme à comprendre des attentes sociétales et à réaliser les promesses correspondantes (recherche de sécurité au cours des trente glorieuses ; recherche d’autonomie et d’épanouissement individuel à partir des années 1970). Plus largement, de nombreux courants se sont attachés à mettre en lumière que le capitalisme durait en déployant des logiques d’aliénation.
Dans tout ce vaste foisonnement d’idées, il est une grille de lecture permettant d’en réconcilier plusieurs. Elle pourrait être hardiment résumée de la sorte : si le capitalisme perdure, c’est qu’il crée chez les individus une perte de savoir-faire (et donc d’autonomie), ce qui les rend plus dépendant des institutions du capitalisme, et réduit ainsi leur capacité à se rebeller. Continue reading
5 comments | tags: capitalisme, critique, education | posted in Alienation, education, penseurs
avr
28
2009
Voici une histoire racontée par Bernard Werber :
Soit une expérience scientifique qui compte : des singes, une cage, une échelle et une banane. La banane est suspendue en hauteur, et placée en haut de l’échelle. On introduit quatre singes dans la cage.
Le premier singe monte à l’échelle pour attraper le fruit convoité. Au milieu de son ascension, un jet d’eau se met en marche, le mouille et le déséquilibre. Il tombe de l’échelle. C’est alors que notre deuxième singe tente lui aussi d’attraper la banane. Il lui arrive la même mésaventure. Il en sera de même pour les troisième et quatrième singes.
On coupe alors le jet d’eau, on fait sortir un singe mouillé de la cage pour le remplacer par un nouveau singe sec. Celui-ci, sûr de lui, se dirige vers l’échelle. Mais les singes mouillés lui bloquent le passage, anticipant le fait que les mêmes causes produiront forcément les mêmes effets. Notre nouveau singe se trouve ainsi KO et abandonne toute idée de banane. Continue reading
1 comment | tags: entreprise, management, motivation | posted in management
avr
23
2009
La manière dont on traite les déviants en dit long sur une société . En matière de pauvreté, deux positions extrêmes sont assez facilement identifiables :
- Le travail donne à chacun la possibilité de s’élever dans la société. Dans cette conception l’individu prime sur le groupe, le libre arbitre sur le destin. La pauvreté sanctionne alors ceux qui n’ont pas su s’élever (ou se relever).
- La tradition maintient une partie de la société dans la pauvreté (les intouchables en Inde par exemple). Les membres des strates inférieures remplissent des tâches nécessaires mais dégradantes. Dans cette conception, le groupe prime sur l’individu et le destin sur le libre arbitre.
En France, nous sommes clairement dans le premier cas. Les mécanismes de sélection sociale qui ont cours dans notre pays sont ceux d’un modèle libéral : caractère obligatoire et concurrentiel de l’école (« que le meilleur gagne ! »), liberté importante sur le marché du travail ; le tout est mâtiné d’une bonne dose d’assistance via un ensemble de dispositifs sociaux d’Etat, permettant d’atténuer les effets un peu rude de ladite sélection.
Dans un tel système, le pauvre incarne le « perdant » auquel personne ne veut ressembler, et l’exclusion sociale est partie prenante d’un programme d’infantilisation basé sur la peur. Continue reading
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