Piketty, Balzac et les subprimes…

J’ai lu et apprécié le dernière tribune de l’économiste Thomas Piketty, publiée dans Le Monde du 29 avril 2009, et reprise par le site ContreInfo . Sa thèse peut-être résumée ainsi : la crise a beau avoir donné un coup d’arrêt aux excès dérégulateurs apparus ces dernières décennies, elle ne suffira pas à elle seule à infléchir la tendance de fond que le capitalisme connaît depuis les années 1970.

Cette tendance de fond, c’est le retour à un capitalisme « patrimonial », créateur d’une société plus inégalitaire où les destins individuels dépendent davantage de la fortune accumulée (le capital) que du mérite (le travail).

Cette forme de capitalisme, explique clairement Thomas Piketty, a connu une longue parenthèse au milieu du siècle. Les années de guerre et de crise (1914-1945) ont en effet laminé les fortunes patrimoniales, tandis que les années de reconstruction (1945-1970) valorisaient le monde salarié et le travail, ainsi que l’idéal méritocratique l’accompagnant.

C’est fini, constate Thomas Piketty, qui pronostique que « les patrimoines et leurs revenus vont se situer au 21ème siècle à des niveaux au moins équivalents à ceux du 19ème siècle et du début du 20ème. » Empruntant une image littéraire intéressante, il estime possible que nous revenions dans « un monde où Vautrin pouvait benoîtement expliquer à Rastignac que la réussite par les études et le travail était une voie sans issue, et que la seule bonne stratégie d’ascension sociale consistait à mettre la main sur un patrimoine. » Avis aux amateurs de comédie humaine…

Marcos pour KM


Leave a Reply