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	<title>Karlos Marcos</title>
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	<description>le capitalisme au prisme de la critique</description>
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		<title>FDJ-TF1 : Quand certains win plus que d&#8217;autres</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Feb 2010 16:14:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karlos</dc:creator>
				<category><![CDATA[Coup de bambou]]></category>
		<category><![CDATA[chocking]]></category>
		<category><![CDATA[FDJ]]></category>
		<category><![CDATA[privatisation]]></category>
		<category><![CDATA[TF1]]></category>

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		<description><![CDATA[Une nouvelle passée inaperçue m&#8217;a choqué. Il s&#8217;agit de l&#8217;accord que la française des jeux a passé avec TF1 pour son offre de jeux en ligne.
TF1 est une entreprise dont la compétence et la renommée en matière d&#8217;Internet n&#8217;est plus à faire. Et je suis sûr qu&#8217;ils mettront en oeuvre pour le compte de la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une nouvelle passée inaperçue m&#8217;a choqué. Il s&#8217;agit de l&#8217;accord que la française des jeux a passé avec TF1 pour son offre de jeux en ligne.</p>
<p>TF1 est une entreprise dont <a href="http://www.tf1.fr/tf1-et-vous/reponse-a-vos-questions/bonjour-pouvez-vous-expliquer-le-licenciement-de-mr-jerome-bourreau-4406123.html">la compétence et la renommée en matière d&#8217;Internet</a> n&#8217;est plus à faire. Et je suis sûr qu&#8217;ils mettront en oeuvre pour le compte de la FDJ une offre de jeux en ligne parfaitement responsable (l&#8217;entreprise a également un track record formidable dans le domaine dans <a href="http://www.mrboo.fr/temps-de-reseau-disponible/">sa façon de traiter l&#8217;info</a>)</p>
<p>Où est donc le défaut dans cette opération ?</p>
<p>La loterie est traditionnellement une source de revenus pour l&#8217;Etat alternative à l&#8217;impôt ou une source de revenus destinée à une cause (la Once en Espagne qui agit en faveur des aveugles).</p>
<p>J&#8217;imagine que le deal a été fait à peu près en ces termes :<br />
La FDJ n&#8217;investit rien dans le projet, tout le développement et la promotion sont à la charge de TF1 (rien de tel pour monétiser les invendus publicitaires du groupe). L&#8217;exploitation se fait à travers un partage des revenus. TF1 a travaillé, la FDJ prête son nom connu dont la notoriété est forte dans le domaine du jeu.<br />
Même dans un secteur très concurrentiel la FJD a avantage extrêmement important sur ses concurrents : la confiance liée à une marque forte sera sans doute décisive lorsqu&#8217;il s&#8217;agira pour un joueur novice sur Internet de sortir sa carte bleue. </p>
<p>Un accord, rien de choquant me direz-vous. Tout réside dans le chiffre qui sera choisi pour le partage des revenus. Et à ce jeu là, je doute que TF1 perde au change.</p>
<p>Je trouve complétement anormal que la rente accordée par l&#8217;Etat dans le domaine du jeu profite à TF1 au lieu d&#8217;aider à combler les budgets déficitaires.</p>
<p>A mon sens cet accord se rapproche du cas de la vente du tramway viennois à un fond de pension américain évoqué dans <a href="http://karlosmarcos.fr/2009/05/capitalisme-visions-quantitatives-et-qualitatives/">Let&#8217;s make money</a>.</p>
<p>C&#8217;est une partie du patrimoine national (l&#8217;Etat a 80% du capital de la FDJ) qui insidieusement est privatisée&#8230;</p>
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		<title>Le web 2.0 des petites différences</title>
		<link>http://karlosmarcos.fr/2009/07/le-web-20-des-petites-diffrences/</link>
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		<pubDate>Fri, 24 Jul 2009 00:10:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karlos</dc:creator>
				<category><![CDATA[Alienation]]></category>
		<category><![CDATA[media et societe]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[Web 2.0]]></category>

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		<description><![CDATA[Thierry Crouzet dans un récent article sur Friendfeed et Facebook, s&#8217;essaye à une comparaison avec les centres commerciaux.
D&#8217;un autre côté, j&#8217;ai découvert Dev Hub, une plateforme Internet permettant, sans connaissance informatique de créer son site Internet mais surtout de le monétiser via l&#8217;intégration de modules publicitaires clés en main.
Idée saugrenue ou vision d&#8217;avenir, en tout cas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Thierry Crouzet dans <a href="http://blog.tcrouzet.com/2009/07/23/facebook-et-friendfeed-la-strategie-de-l’enfermement/" target="_blank">un récent article sur Friendfeed et Facebook</a>, s&#8217;essaye à une comparaison avec les centres commerciaux.</p>
<p>D&#8217;un autre côté, j&#8217;ai découvert <a href="http://www.devhub.com/" target="_blank">Dev Hub</a>, une plateforme Internet permettant, sans connaissance informatique de créer son site Internet mais surtout de le monétiser via l&#8217;intégration de modules publicitaires clés en main.</p>
<p>Idée saugrenue ou vision d&#8217;avenir, en tout cas je me suis dit qu&#8217;il serait délicieusement dégueulasse de pouvoir tagger ses propres photos Facebook à l&#8217;aide de modules de vente en ligne puis de toucher de l&#8217;argent par le simple fait d&#8217;être cool et admiré de ses amis.</p>
<p>Pas besoin de système de vente ligne reposant sur de la 3D ou de <a href="http://www.emilieogez.com/2009/07/16/webcam-social-shopper-essayez-vos-vetements-a-distance/" target="_blank">technos compliquées</a>. Laissons faire le narcissisme des petites différences.</p>
<p>Karlos pour KM</p>
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		<title>L&#8217;économie sociale : difficultés et avenir d&#8217;une idée ancienne</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Jul 2009 12:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marcos</dc:creator>
				<category><![CDATA[associations]]></category>
		<category><![CDATA[coopératives]]></category>
		<category><![CDATA[mutuelles]]></category>
		<category><![CDATA[société civile]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
		<category><![CDATA[économie sociale]]></category>
		<category><![CDATA[économie sociale et solidaire]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>

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		<description><![CDATA[Fait étrange : alors que la crise financière et économique a ébranlé le capitalisme sur ses bases, alors que des millions de français sont impliqués, parfois sans le savoir, dans des structures d’économie sociale il semble que cette belle idée reste largement méconnue, et qu’elle ne contribue pas au débat public. Pourtant, le statut juridique et l’objet social de ces entreprises peuvent apparaître comme des alternatives au court-termisme et à l’absence de prise en compte de l’intérêt collectif, aujourd’hui reprochés à l’économie capitaliste dans sa version financiarisée.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En France, l’économie sociale se définit comme l’ensemble des entreprises n’étant ni des entreprises publiques, ni des entreprises de type capitaliste : un tiers secteur couvrant des statuts juridiques aussi variés que les associations, les mutuelles (dans son sens large), les coopératives (de travailleurs ou d’achats) et les fondations.</p>
<p>Ces structures se distinguent des entreprises classiques car elles placent – en théorie – l’intérêt de leurs bénéficiaires au cœur de leur activité, sans le mettre en concurrence avec des intérêts extérieurs à l’entreprise. Par exemple, mutuelles et coopératives ne sont pas gouvernées par des actionnaires anonymes, mais par des représentants démocratiquement élus des clients « sociétaires » (dans le cas des mutuelles, qui ne possèdent en outre pas de capitaux propres ; ou dans le cas des banques coopératives, dont les sociétaires possèdent des parts sociales à la rémunération encadrée) ou bien par les salariés (dans le cas des coopératives de production).</p>
<p>Cette spécificité est supposée garantir une meilleure prise en compte de l’intérêt des bénéficiaires. Ce n’est ainsi pas un hasard si l’économie sociale a historiquement accompagné la démocratisation de certains produits répondant à des besoins fondamentaux (prévoyance et santé, crédit, assurance dommages), en les rendant accessibles à des populations qui en était jusqu’alors écartées. Ce n’est pas non plus un hasard si des structures d’économie sociale sont aujourd’hui fortement positionnées sur des secteurs peu (ou de moins en moins) occupés par l’Etat et ignorés par les entreprises capitalistes car faiblement rentables (on pense ainsi à la vigueur du milieu associatif sur le terrain de la dépendance comme sur celui de l’éducation populaire).</p>
<p>Fait étrange : alors que la crise financière et économique a ébranlé le capitalisme sur ses bases, alors que des millions de français sont impliqués, parfois sans le savoir, dans des structures d’économie sociale (la moitié des français est assurée via des mutuelles et possède un compte dans une banque coopérative ; plusieurs dizaines de millions sont engagés dans des associations ; selon le CNCRES, l’économie sociale représente environ 10% de l’emploi en France), il semble que cette belle idée reste largement méconnue, et qu’elle ne contribue pas au débat public. Pourtant, le statut juridique et l’objet social de ces entreprises peuvent apparaître comme des alternatives au court-termisme et à l’absence de prise en compte de l’intérêt collectif, aujourd’hui reprochés à l’économie capitaliste dans sa version financiarisée.<span id="more-61"></span></p>
<p>Cette méconnaissance de l’économie sociale tient à trois difficultés principales :</p>
<p><strong><em>Une difficulté de lisibilité externe</em></strong> : l’économie sociale est un champ composé d’entreprises extrêmement diverses, que ce soit par leur taille (de la micro association aux banques coopératives comme les Caisses d’Epargne ou le Crédit Mutuel), leurs domaines d’activité (aussi vaste que faire se peut : une coopérative agricole pouvant côtoyer une association de covoiturage). La construction d’un message ou d’un projet fédérateur, dépassant la simple promotion des spécificités juridiques ou des valeurs, est dès lors rendu extrêmement complexe, en dépit de l’existence de syndicats professionnels. Ce constat a pu participer, par le passé, à un relatif isolement du secteur.</p>
<p><strong><em>Une difficulté de banalisation</em></strong> : paradoxalement, la crise financière a vu la mise en cause de deux banques coopératives extrêmement importantes (les Caisses d’Epargne et les Banques populaires). Même si les pertes importantes qu’elles ont connues sont provenues d’une filiale commune, dont le statut n’était techniquement un statut d’économie sociale, ce qui s’est produit a été de nature à questionner le caractère authentiquement « coopératiste » des deux banques. Plus généralement, cette problématique se pose pour toutes les entreprises d’économie sociale parvenues à une taille importante, et qui peuvent paraître plus « gestionnaires » que « solidaires » parce que leurs spécificités (animation d’une vie démocratique, différenciation solidaire des produits, etc.) ne sont plus perçues. Un autre risque de banalisation peut exister à un autre niveau pour les associations : une assimilation au secteur public, liée à une forte dépendance aux deniers de l’Etat ou des collectivités territoriales.</p>
<p><strong><em>Une difficulté liée à la concurrence sur les valeurs</em></strong> : par le passé, et certainement encore un peu aujourd’hui, certaines composantes de l’économie sociale n’ont pas su éviter un certain manichéisme dans leur perception de la vie économique. Au capitalisme, le cynisme et l’exploitation ; à l’économie sociale, la solidarité et le sens fraternel ! Or, en matière de valeurs, les mots comptent mais ne suffisent pas. Depuis plusieurs années, les entreprises capitalistes ont fait d’importants efforts pour redorer leur respectabilité, que ce soit par le développement durable, la responsabilité sociale des entreprises, etc. Peu importe la sincérité profonde de ces engagements et les progrès restant à faire : la démonstration a été visible, souvent étayée par des faits et relayée dans les médias, alors que l’économie sociale est apparue – à tort ou à raison – peu proactive sur le sujet. <strong>Il est vrai que, juridiquement, l’économie sociale a des prédispositions pour cultiver certaines valeurs ; mais elle ne peut prétendre en avoir naturellement le monopole</strong>.</p>
<p>Ces difficultés ne sont cependant pas rédhibitoires. Un certain nombre de tendances éclaire les perspectives d’avenir et plaide en faveur d’un regain d’intérêt pour l’économie sociale.</p>
<p><strong><em>Le renouvellement de l’économie sociale au-delà de son champ traditionnel</em></strong> : la définition juridique de l’économie sociale, très statique, exclut de fait des mouvements d’entreprises alternatives très vigoureux tels que les entreprises d’insertion ou les entreprises impliquées dans le commerce équitable. Depuis quelques années, une tendance à l’ouverture se fait jour par la notion d’Economie Sociale et Solidaire, qui affaiblit la référence à la spécificité juridique, et dont les contours méritent encore d’être un peu mieux définis. C’est certainement par l’arrivée de nouvelles structures apportant des réponses originales à des besoins sociaux, et soutenues le cas échéant par les entreprises traditionnelles d’économie sociale, que le secteur parviendra le mieux à se renouveler. En effet, il ne faut pas oublier que la dynamique initiale de tout mouvement d’économie sociale est l’entrepreneuriat et l’innovation. Une économie sociale comprenant seulement des entreprises instituées et ne générant pas de « descendance » verrait certainement son avenir compromis. L’importance d’un « solidarité financière » entre mouvements d’économie sociale est à ce titre majeure, pour des entreprises ne pouvant financer leur développement sur les marchés financiers.</p>
<p><strong><em>L’exemple international</em></strong> : les pays en voie de développement offrent de plus en plus d’exemples de réussites de démarches d’économie sociale (coopératives, tontines, micro assurance et micro crédit), sur lesquels il faut s’appuyer dans une approche pédagogique grand public.</p>
<p><strong><em>Un regain d’intérêt dans l’enseignement et la recherche</em></strong> : les universités et les grandes écoles multiplient, depuis plusieurs années, les formations théoriques ou professionnelles dédiées aux entreprises d’économie sociale ; un récent colloque de l’ADDES (Association pour le Développement de la Documentation en Economie Sociale), faisait également mention d’une nouvelle vigueur de la recherche sur des thématiques d’économie sociale, quel que soit le champ considéré (gestion, économie, sociologie, histoire, etc.). Lorsque l’on sait l’importance prise par les milieux académiques dans l’émergence des paradigmes économiques, cette tendance ne peut que susciter un certain optimisme.</p>
<p> Marcos pour KM</p>
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		<title>Biopiraterie et société civile</title>
		<link>http://karlosmarcos.fr/2009/06/biopiraterie-societe-civile/</link>
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		<pubDate>Tue, 16 Jun 2009 18:07:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karlos</dc:creator>
				<category><![CDATA[société civile]]></category>
		<category><![CDATA[inégalités]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[pouvoir]]></category>

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		<description><![CDATA[Hier, à l&#8217;assemblée nationale, s&#8217;est tenu un colloque sur la biopiraterie, à l&#8217;initiative du collectif biopiraterie.
Devant un parterre de militants, plusieurs représentants d&#8217;associations luttant contre l&#8217;appropriation du vivant par les multinationales se sont exprimés.
Parmi eux, on trouve Vandana Shiva, figure charismatique, qui a lutté 10 ans de sa vie pour que les brevets sur le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hier, à l&#8217;assemblée nationale, s&#8217;est tenu un colloque sur la biopiraterie, à l&#8217;initiative du collectif <a href="http://www.biopiraterie.org/spip.php?article32" target="_blank">biopiraterie</a>.</p>
<p>Devant un parterre de militants, plusieurs représentants d&#8217;associations luttant contre l&#8217;appropriation du vivant par les multinationales se sont exprimés.<br />
Parmi eux, on trouve <a href="http://www.navdanya.org/" target="_blank">Vandana Shiva</a>, figure charismatique, qui a lutté 10 ans de sa vie pour que les brevets sur le Neem soient annulés.</p>
<p>Voici les principales idées qui ont été abordées lors de cette réunion :</p>
<p><span id="more-53"></span></p>
<ul>
<li>Le système de brevets est une forme de néo colonisation à travers laquelle les multinationales du Nord s&#8217;approprient à leur bénéfice des savoirs ancestraux des pays du sud. Cette appropriation a des conséquences désastreuses sur des peuples qui sont partie prenantes d&#8217;écosystèmes fragiles.</li>
<li>Les peuples autochtones ne disposent d&#8217;aucun moyen pour lutter contre ce phénomène. Pire, ils ne comprennent pas la logique du brevet et du système qui a généré leur existence. C&#8217;est le pot de terre contre le pot de fer.</li>
<li>Seules quelques ONGs sans grands moyens luttent contre ce phénomène en</li>
</ul>
<ol>
<li>Surveillant les dépôts de brevet auprès des organismes qui les enregistrent</li>
<li>répertoriant les savoir-faire traditionnels et en soumettant ces données aux mêmes organismes</li>
<li>menant des actions en justice pour l&#8217;annulation de certains brevets</li>
<li>tentant de sensibiliser les citoyens des pays du Nord à ce qu&#8217;ils considèrent être une spoliation du Sud par le Nord</li>
</ol>
<p>Au cours du colloque, le cas du neem en Inde a été abordé mais également des cas <a href="http://www.biosafetyafrica.net">sud africain</a>s, péruviens, équatoriens et de <a href="http://www.ecoanthropologie.cnrs.fr/spip.php?article242">l&#8217;Arctique</a>. Ces associations s&#8217;opposent de façon frontale au principe du brevetage du vivant. Elles ne veulent entendre parler d&#8217;aucun aménagement ni de co détention des brevets ni de compensation financière versée par les entreprises qui exploitent leurs ressources et savoir faire millénaires. Le point de vue défendu est que toute action des entreprises (et des chercheurs) en question doit faire l&#8217;objet d&#8217;un assentiment de l&#8217;Etat et des communautés autochtones concernés.</p>
<p>Il y a une incontestable noblesse à défendre les faibles face à la puissance financière de grandes multinationales. Il n&#8217;est pas contestable non plus que dans sa boulimie de croissance du PIB via l&#8217;appropriation privée de biens communs ancestraux le capitalisme se nourrissent de prétendus inventions qui n&#8217;en sont pas.</p>
<p>Si le sujet a l&#8217;ambition de sortir du petit milieu militant dans lequel il est aujourd&#8217;hui enfermé, il faut que des questions de fond soient abordées et il faudra faire des concessions. Les savoir faire traditionnels des communautés autochtones sont proclamés patrimoine mondial de l&#8217;humanité par ces associations (et par là même, ils ne peuvent faire l&#8217;objet d&#8217;une appropriation privée). Et certaines plantes ou connaissances locales peuvent avoir des impacts positifs à une échelle plus grande.</p>
<p>Comment dans ce contexte assurer la diffusion de ces bénéfices tangibles tout en respectant l&#8217;altérité et le mode de vie de ces communauté? Voilà la question qui se pose. Et à laquelle il faudra répondre en apportant des solutions alternatives si on souhaite que les choses évoluent.</p>
<p>Karlos pour KM</p>
<p>PS : Bravo à Matthieu pour l&#8217;orga!!!</p>
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		<title>Schumpeter, le mal connu</title>
		<link>http://karlosmarcos.fr/2009/06/schumpeter-le-mal-connu/</link>
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		<pubDate>Mon, 01 Jun 2009 20:03:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marcos</dc:creator>
				<category><![CDATA[XXeme siecle]]></category>
		<category><![CDATA[penseurs]]></category>
		<category><![CDATA[économie]]></category>
		<category><![CDATA[Ajouter un mot-clef]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[schumpeter]]></category>

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		<description><![CDATA[Si l'on suit la thèse de Schumpeter, le progrès technique tend à se dépersonnaliser, à se bureaucratiser dans des unités industrielles géantes, privant la classe bourgeoise du prestige et de la légitimité qu’elle tire de la figure "héroïque" de l'entrepreneur.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Que retient-on du 20ème siècle en matière de théorie économique ? Schématiquement, trois courants semblent avoir concentré l’essentiel des débats : le courant libéral (dans sa forme classique comme dans sa forme « néolibérale », à relier aux théories monétaristes), le courant keynésien, et enfin les courants d’inspiration marxiste, qui se sont efforcés d’adapter la parole originelle de Marx aux évolutions du capitalisme et aux échecs successifs du « socialisme réel ».</p>
<p>Ce partage bien délimité de la science économique a laissé peu de place à Joseph Schumpeter (1883-1950), économiste inclassable tant par le contenu de ses analyses que par son caractère touche-à-tout, l’économie n’étant avec lui jamais loin de l’histoire, de la science politique, de la sociologie.</p>
<p>Que retient-on de Schumpeter, aujourd’hui ? La vulgate économique ne cite guère son nom qu’en deux occasions : tout d’abord, lorsqu’il s’agit de faire référence au rôle moteur de l’innovation dans le capitalisme ; ensuite, lorsqu’il est fait mention du phénomène de « destruction créatrice », bien connu des préparationnaires et des étudiants en économie, selon lequel les emplois détruits ici par les innovations de toutes sortes (nouveaux produits, nouveaux marchés, nouveaux processus de production, etc.) sont recréés sous d’autres formes ailleurs.</p>
<p>De nos jours, la « destruction créatrice » est souvent utilisée dans le débat public comme une justification macro-économique des délocalisations ou de l’automatisation des tâches à outrance (machines remplaçant les caissières de supermarché, par exemple), assimilant de fait Schumpeter à un théoricien plus glacial que le plus libéral des libéraux. Pourtant, lorsqu’il invente sa géniale formule, Schumpeter ne fait que dresser un constat en bon observateur des cycles économiques. Son point de vue est descriptif, et non normatif. Il ne prétend pas que la destruction créatrice doit être, mais qu’elle est.<span id="more-49"></span></p>
<p>Cet usage approximatif de la destruction créatrice est à l’image de toute l’œuvre de Schumpeter : trop méconnue. Pour qui souhaiterait s’y plonger plus profondément, Capitalisme, Socialisme, Démocratie, dernier ouvrage publié de son vivant (1942), demeure une excellente synthèse de la pensée de Schumpeter. Elle témoigne aussi de la drôlerie et de l’eccléctisme du bonhomme.</p>
<p>« <em>Le capitalisme peut-il survivre ? Non, je ne crois pas qu’il le puisse</em>. » entame ainsi Schumpeter, après une première digression sur Marx. Contrairement au célèbre barbu, il ne fonde pas son pronostic sur une faillite économique du capitalisme. Bien au contraire, il le croit capable de maintenir une production de richesses croissante, malgré les crises qui lui sont constitutives. L’échec du capitalisme, estime Schumpeter, se fera pour des raisons psycho-sociales. Pour faire court : le capitalisme s’effondrera parce que, sous l’effet de sa propre mécanique, plus personne, même parmi la classe bourgeoise, n’aura envie de lui.</p>
<p>Comment Schumpeter chemine-t-il jusqu’à cette conclusion ? Son point de départ est le rôle central joué par l’entrepreneur dans la civilisation et dans la culture du capitalisme. Au-delà de sa simple fonction économique, l’entrepreneur est en effet identifié comme le « héros » de la société capitaliste : de lui se dégage une aura qui bénéficie à toute la classe bourgeoise, et qui permet également d’entraîner avec lui les meilleures intelligences dans l’aventure capitaliste. Toute la motivation que les individus peuvent éprouver à travailler ou à se dépasser dans la société capitaliste provient de cette figure mythique de l’entrepreneur ; l’american way of life n’est qu’une traduction de ce fait.</p>
<p>Or, constate Schumpeter, les évolutions intrinsèques du capitalisme (émergence de la grande entreprise, coût croissant de l’innovation) conduisent à un effacement, voire même à une disparition, de la figure de l’entrepreneur.     « <em>L’innovation elle-même est en voie d’être ramenée à une routine. Le progrès technique devient toujours davantage l’affaire d’équipes de spécialistes entraînés qui travaillent sur commande et dont les méthodes leur permettent de prévoir les résultats pratiques de leurs recherches. Au romantisme des aventures commerciales d’antan succède rapidement le prosaïsme, en notre temps où il est devenu possible de soumettre à un calcul strict tant de choses qui naguère devaient être entrevues dans un éclair d’intuition géniale.</em> » <strong>En résumé, le progrès technique tend à se dépersonnaliser, à se bureaucratiser dans des unités industrielles géantes, privant la classe bourgeoise du prestige et de la légitimité qu’elle tire de l’entrepreneur.</strong></p>
<p>Cette bureaucratisation affecte également la pratique de la propriété, cœur de la civilisation capitaliste. « <em>L’évolution capitaliste, en substituant un simple paquet d’actions aux murs et aux machines d’une usine, dévitalise la notion de propriété. […] Le possesseur d’un titre abstrait perd la volonté de combattre économiquement, politiquement, physiquement pour « son » usine. […] Or, cette évaporation de la substance matérielle de la propriété affecte, non seulement l’attitude des possédants, mais encore celle des travailleurs et du public en général. L’appropriation dématérialisée, défonctionnalisée et absentéiste ne provoque pas et n’impose pas, comme le faisait la propriété de naguère, une allégeance morale. Finalement, il ne restera personne pour se soucier réellement de la défendre – personne à l’intérieur et personne à l’extérieur des enceintes des sociétés géantes</em>. »</p>
<p>Ainsi affaiblie, la forteresse capitaliste devient beaucoup plus sensible aux critiques, aux attaques, à l’hostilité dont elle est ordinairement l’objet du fait des crises économiques récurrentes constituant sa mécanique interne. Cette « <em>décomposition </em>» devant, selon Schumpeter, mener à l’avènement d’une société socialiste, dont il ne détaille guère les conditions : rupture violente ou transition subtile ?</p>
<p>Bien sûr, l’Histoire a trompé (pour l&#8217;instant) le pronostic de Schumpeter, comme celui de Marx : le capitalisme tient toujours sur ses deux jambes fermement ancrées. Mais on ressent quelque chose d’infiniment juste à sa lecture d’un capitalisme qui se bureaucratise et devient par là même moins séduisant, surtout moins porteur de sens. La « fatigue des élites » ou le désengagement des cadres n’en sont-il pas de premiers indices ?</p>
<p>Marcos pour KM</p>
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		<title>Internet, par Internet, pour Internet</title>
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		<pubDate>Thu, 21 May 2009 13:14:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karlos</dc:creator>
				<category><![CDATA[media et societe]]></category>
		<category><![CDATA[Internet]]></category>
		<category><![CDATA[publicité]]></category>
		<category><![CDATA[Web 2.0]]></category>

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		<description><![CDATA[Avez-vous déjà remarqué cette fâcheuse tendance qu’ont les médias à se pencher sur eux-mêmes ? Les journaux parlent de la crise de la presse, la télé célèbre ses meilleurs moments (les enfants de la télé) ou s’auto-diagnostique (arrêts sur image), même la radio s’y met en programmant des émissions sur le PAF (Morandini)… Cette instrospection [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Avez-vous déjà remarqué cette fâcheuse tendance qu’ont les médias à se pencher sur eux-mêmes ? Les journaux parlent de la crise de la presse, la télé célèbre ses meilleurs moments (les enfants de la télé) ou s’auto-diagnostique (arrêts sur image), même la radio s’y met en programmant des émissions sur le PAF (Morandini)… Cette instrospection (ou cette psychanalyse) n’est pas sans intérêt, mais elle détourne clairement les médias de leur fonction première : être les supports d’une information ou d’un débat public.</p>
<p>A ce titre, Internet est le média de très loin le plus auto-centré.</p>
<p>Tous les blogs parlent d&#8217;Internet (miroir, miroir, mon beau miroir), même ceux dont ce n&#8217;est absolument pas le sujet. <a href="http://www.pauljorion.com/blog/?p=2930" target="_blank">Le blog de paul Jorion</a>, <a href="http://www.laviedesidees.fr/Internet-un-outil-de-la-democratie.html?decoupe_recherche=Internet" target="_blank">La vie des idées</a> ou encore <a href="http://www.arsindustrialis.org/node/2943" target="_blank">Bernard Stiegler</a>. Si leurs réflexions sont intéressantes et j&#8217;ai parfois l&#8217;impression que c&#8217;est un passage obligé pour tout blog.</p>
<p>Notez au passage, la contradiction interne à ce billet, qui est par ailleurs complètement assumée <img src='http://karlosmarcos.fr/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':)' class='wp-smiley' /> .</p>
<p>Avant d&#8217;analyser quelques mécanismes de fonctionnement du Web, il me paraît important de se poser la question de ce qu&#8217;est Internet. Voici trois pistes de réflexion.</p>
<p><span id="more-41"></span></p>
<p><strong>Intelligence collective?</strong></p>
<p>Blogs, Wikis et l&#8217;ensemble des médias sociaux contribuent à construire de l&#8217;information de façon collective.</p>
<p>Ce mouvement a été initié par la communauté Open Source qui a bâti les premiers outils permettant ces échanges. La communauté Open source est d&#8217;abord une communauté de développeurs qui s&#8217;insurgent contre la logique « propriétaire » des géants de l&#8217;informatique. C&#8217;est <a href="http://www.gnu.org/philosophy/free-sw.fr.html" target="_blank">une philosophie de la liberté</a>, lorsque le code est ouvert, il peut être échangé librement puis amélioré ou adapté à d&#8217;autres fins par n&#8217;importe quel développeur de la communauté. <a href="http://www.gnu.org/philosophy/microsoft.fr.html" target="_blank">En ligne de mire</a>, Microsoft qui s&#8217;est assuré une rente en associant de façon quasi automatique la vente d&#8217;un système d&#8217;exploitation à la vente d&#8217;un ordinateur. Le mouvement du logiciel libre dénonce le fait que le code source des systèmes d&#8217;exploitation Windows est en partie composé de fragments de code glanés chez des développeurs indépendants puis brevetés par Microsoft d&#8217;où la naissance <a href="http://www.ubuntu-fr.org/" target="_blank">d&#8217;Ubuntu</a> entre autres.</p>
<p>Depuis, les communautés se sont multipliées. Elles ne sont plus pré carré des experts techniques mais couvrent la quasi totalité du réel et parfois même plus (<a href="http://www.wow-europe.com/fr/index.xml" target="_blank">Wow</a>)!</p>
<p>Les entreprises s&#8217;y mettent aujourd&#8217;hui en tentant d&#8217;intégrer avec plus ou moins de bonheur des outils permettant à leurs collaborateurs de se tenir informés.</p>
<p>La question qui se pose est : &#8220;Exister, est-ce suffisant?&#8221;. Nous y reviendrons ultérieurement.</p>
<p><strong>Un média citoyen?</strong></p>
<p>Les radios libres ont été un vecteur de résistance lors de nombreux conflits. Internet prend aujourd&#8217;hui une place similaire tout en étant un média plus puissant car l&#8217;information est plus facilement accessible et duplicable (donc diffusable). Toutes les opinions ont un espace d&#8217;expression, même les plus contestables (on se rappelle de <a href="http://www.zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,2061692,00.htm" target="_blank">l&#8217;affaire des articles néo nazis vendus sur Yahoo</a>).</p>
<p>La récente levée de bouclier qui a agité l&#8217;ensemble du Web contre la loi Hadopi montre la puissance de média et par bien des aspects prend à revers la façon traditionnelle de faire de la politique. Si la réaction a été véhémente, c&#8217;est qu&#8217;elle touche à la seule communauté qui soit réellement efficace sur le Net, celle des geeks.</p>
<p>Certes, il existe aujourd&#8217;hui des blogs en réponse au projet de loi du gouvernement sur les universités par exemple mais se pose à nouveau la question : &#8220;Exister, est-ce suffisant?&#8221;.</p>
<p><strong>Un produit et une stratégie de conquête</strong></p>
<p>La présence sur Internet est une des préoccupations actuelles des marques.</p>
<p>Avoir un site Web est plus qu&#8217;une évidence, mais les entreprises tissent aujourd&#8217;hui leur toile sur Internet :</p>
<ul>
<li>Pour accompagner les entreprises dans cette démarche, <a href="http://www.culture-buzz.fr/" target="_blank">d&#8217;importantes agences</a> apparaissent</li>
<li>Département Web interne</li>
<li>Vente en ligne</li>
<li>Stratégie de fidélisation via des SMS ou mails</li>
<li>Approche &#8220;multicanal&#8221; dans laquelle Internet intervient comme un canal complémentaire. Internet a permis le développement d&#8217;un nouveau mode de consommation où la préparation de l&#8217;acte d&#8217;achat est souvent bien plus poussée</li>
<li>Sans négliger les entreprises qui sont des &#8220;pure players&#8221;, dont certaines sont cotées en Bourse</li>
</ul>
<p>La question qui était posée au sujet des 2 usages précédents de l&#8217;Internet est aussi valide pour les entreprises. La principale différence est que les entreprises ont des moyens considérables et ça change tout !</p>
<p>Comme l&#8217;indique Bernard Stiegler, nous sommes dans une &#8220;<em>économie de l&#8217;attention</em>&#8220;. Ce à quoi j&#8217;ajouterais : &#8220;<em>Nous sommes dans une économie de l&#8217;attention qui induit une course à la visibilité</em>&#8220;.</p>
<p><strong>La course à la visibilité</strong></p>
<p>Dans le monde du Marketing sur Internet (qui est loin d&#8217;être le seul dans ce cas), il existe différentes chapelles qui ont chacune leurs fidèles. Bon d&#8217;accord, la religion est moins à la mode ces temps-ci, alors disons que le Marketing sur Internet, c&#8217;est un peu comme un match de rugby.</p>
<p><em>Le jeu au pied</em> : Conception du Marketing de masse (the funnel). On a le ballon dans les mains mais on tape à suivre, en espérant rattraper le ballon quelques mètres plus loin.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-42" title="funnel-direct-marketing" src="http://karlosmarcos.fr/wp-content/uploads/2009/05/funnel-direct-marketing.jpg" alt="funnel-direct-marketing" width="400" height="400" /></p>
<p>Le concept est d&#8217;arroser de façon extrêmement large, il y aura toujours des poissons pour mordre à l&#8217;hameçon! Certains business l&#8217;ont bien compris et concoctent aux heureux élus des CGUs s&#8217;assurant que leur carte bleue sera prélevée plusieurs fois. Les scammers (vendeurs de rêves et de cauchemars qui envoient nombre de spams pour vous demander de l&#8217;argent) ne fonctionnent pas différemment.</p>
<p>Cette catégorie inclus :</p>
<ul>
<li>L&#8217;e-mailing</li>
<li>Le Display</li>
<li>L&#8217;affiliation</li>
<li>Le SEA</li>
</ul>
<p><em>La mêlée</em> : Les réseaux sociaux. Bien liés, tout le monde pousse bien fort sur le même sujet mais pour un court moment.<img class="aligncenter size-large wp-image-44" title="viralite-fb1" src="http://karlosmarcos.fr/wp-content/uploads/2009/05/viralite-fb1-1024x640.jpg" alt="viralite-fb1" width="1024" height="640" /></p>
<p>Les réseaux sociaux misent sur la transmission des données entre individus. <a href="http://www.blogdesylvain.com/post/92806790/liste-r-seaux-sociaux" target="_blank">La profusion des plate formes Web 2.0</a>  pose la question du nombre de plate formes qui peuvent créer une vraie dynamique. Si Facebook et quelques autres ont clairement trouvé leur place beaucoup sont destinées à dépérir.</p>
<p><em>Le pick and go</em> : Concept de communauté. <a href="http://www.loiclemeur.com/france/2009/05/comment-lancer-un-produit-avec-sa-communaute.html" target="_blank">Un leader prend le ballon et avec l&#8217;aide du groupe puis martèle inlassablement</a>.</p>
<p>Si les communautés passent par les réseaux sociaux, la différence par rapport aux réseaux sociaux tient à leur dimension temporelle.<br />
Les adeptes des communautés diront que leur approche qualitative est la seule qui ait une vraie valeur. Il faut partager du contenus et des services de qualité, répondre aux membres de sa communauté bref passer d&#8217;une communication automatisée à une conversation.</p>
<p><strong>Quels enseignements sur Internet?</strong></p>
<p>En 2002, Jérémy Rifkin écrit <em>l&#8217;âge de l&#8217;accès</em>. Il identifie que le coeur du système ce sont les portes d&#8217;accès. Aujourd&#8217;hui Google est LA porte d&#8217;accès. Son moteur de recherche fonctionne d&#8217;abord sur les liens tissés entre sites (et sur de nombreux autres critères dont certains restent secrets). C&#8217;est pour cette raison que l&#8217;on parle d&#8217;Internet comme <a href="http://owni.fr/2009/05/08/leconomie-reputationnelle-expliquee-a-kevin/" target="_blank">économie du lien</a>.</p>
<p>Les entreprises investissent aussi pour se retrouver en tête des résultats de recherche (SEO).</p>
<p>Les problématiques techniques gardent une forte visibilité. La plus grande des communautés sur Internet est la communauté geek, à son nombre s&#8217;ajoute une connaissance fine des mécanismes du Web.</p>
<p>La bataille de l&#8217;économie de l&#8217;attention risque de réduire fortement l&#8217;accessibilité à la diversité du Web. Les thématiques de média citoyen ou d&#8217;intelligence collective courent le risque d&#8217;être submergées.</p>
<p>Submergées par l&#8217;importance économique qu&#8217;Internet aujourd&#8217;hui et les investissements des entreprises. Submergées par les contributeurs plus modestes qui pour être visibles reprennent  des sujets susceptibles de générer du trafic (j&#8217;ai vu au moins 10 fois le même article le jour où le licenciement de Jérôme Bourreau par TF1 a été annoncé).</p>
<p>Il est donc possible qu&#8217;apparaisse une deuxième fracture numérique à l&#8217;intérieur de la première et qu&#8217;Internet prenne la forme d&#8217;un véritable déversoir (sur le modèle du funnel). Ne restera alors qu&#8217;une relativement faible communauté d&#8217;individus utilisant <a href="http://netvibes.com" target="_blank">des outils</a> leur permettant de passer à travers les mailles du filet.</p>
<p>Karlos pour KM</p>
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		<title>Piketty, Balzac et les subprimes…</title>
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		<pubDate>Tue, 12 May 2009 16:23:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marcos</dc:creator>
				<category><![CDATA[penseurs]]></category>
		<category><![CDATA[social]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme patrimonial]]></category>
		<category><![CDATA[inégalités]]></category>

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		<description><![CDATA[J’ai lu et apprécié le dernière tribune de l’économiste Thomas Piketty, publiée dans Le Monde du 29 avril 2009, et reprise par le site ContreInfo . Sa thèse peut-être résumée ainsi : la crise a beau avoir donné un coup d’arrêt aux excès dérégulateurs apparus ces dernières décennies, elle ne suffira pas à elle seule à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’ai lu et apprécié le dernière tribune de l’économiste Thomas Piketty, publiée dans Le Monde du 29 avril 2009, et reprise par le <a href="http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2707" target="_blank">site ContreInfo</a> . Sa thèse peut-être résumée ainsi : la crise a beau avoir donné un coup d’arrêt aux excès dérégulateurs apparus ces dernières décennies, elle ne suffira pas à elle seule à infléchir la tendance de fond que le capitalisme connaît depuis les années 1970.</p>
<p>Cette tendance de fond, c’est le retour à un capitalisme « patrimonial », créateur d’une société plus inégalitaire où les destins individuels dépendent davantage de la fortune accumulée (le capital) que du mérite (le travail).</p>
<p>Cette forme de capitalisme, explique clairement Thomas Piketty, a connu une longue parenthèse au milieu du siècle. Les années de guerre et de crise (1914-1945) ont en effet laminé les fortunes patrimoniales, tandis que les années de reconstruction (1945-1970) valorisaient le monde salarié et le travail, ainsi que l’idéal méritocratique l’accompagnant.</p>
<p>C’est fini, constate Thomas Piketty, qui pronostique que <em>« les patrimoines et leurs revenus vont se situer au 21ème siècle à des niveaux au moins équivalents à ceux du 19ème siècle et du début du 20ème. »</em> Empruntant une image littéraire intéressante, il estime possible que nous revenions dans <em>« un monde où Vautrin pouvait benoîtement expliquer à Rastignac que la réussite par les études et le travail était une voie sans issue, et que la seule bonne stratégie d’ascension sociale consistait à mettre la main sur un patrimoine. » </em>Avis aux amateurs de comédie humaine…</p>
<p>Marcos pour KM</p>
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		<title>Capitalisme : visions quantitatives et qualitatives</title>
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		<pubDate>Thu, 07 May 2009 15:51:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karlos</dc:creator>
				<category><![CDATA[penseurs]]></category>
		<category><![CDATA[société civile]]></category>
		<category><![CDATA[capitalisme]]></category>
		<category><![CDATA[convivialité]]></category>
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		<description><![CDATA[Dans ce billet, je présente deux approches différentes de la situation actuelle du capitalisme. Celle de Let’s make money  de Erwin Wagenhofer qui laisse présager que le capitalisme sauvage nous conduit tout droit au bain de sang et celle de Alex Tabarrok qui nous dit que le PIB est prêt a repartir sur des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce billet, je présente deux approches différentes de la situation actuelle du capitalisme. Celle de <em>Let’s make money</em>  de Erwin Wagenhofer qui laisse présager que le capitalisme sauvage nous conduit tout droit au bain de sang et celle de <a href="http://www.ted.com/index.php/talks/alex_tabarrok_foresees_economic_growth.html">Alex Tabarrok</a> qui nous dit que le PIB est prêt a repartir sur des taux de croissance peut être même plus élevés que ceux des 50 dernières années.</p>
<p>Il me semble intéressant de noter que si les idées qui mènent à ces conclusions sont divergentes, les narrations des deux exposés sont fondamentalement différentes. <em>Let’s make money</em> opère à travers une approche purement qualitative du capitalisme, peu de chiffres, une série de reportages et d’interviews de personnalités très variées réunies par un même intérêt pour l’économie. Alex Tabarrok nous présente une pensée systémique qui se développe sur le slogan : &#8220;<em>an idea, one world, one market</em>&#8220;.</p>
<p><span id="more-31"></span><br />
En parlant de <em>Let’s make money</em>, la plupart des observateurs relatent les propos de Mark Mobius de Franklin Templeton Investments : « <em>Le meilleur moment pour acheter, c’est lorsque le sang coule dans les rues</em> ». Je pense qu’il ne s’agit même pas de propos exagérés et que nombreux sont les banquiers et investisseurs qui pensent de la sorte. Les conditions du tournage et sur la façon dont Erwin Wagenhofer a obtenu ses interviews restent plus énigmatiques. Le passage qui a retenu toute mon attention est le récit de cet ancien conseiller d’Etat qui raconte comment prend forme l’impérialisme américain. L’objectif des Etats-Unis : s’approvisionner en matières premières à bas prix. Cela est rendu possible par une domination en trois phases : De l’argent est prêté à ces pays via le FMI et sont alors en situation de dépendance ce qui permet aux Etats-Unis d’octroyer de nouvelles dettes en échange de matières premières à bas prix. Si, pour une raison quelconque les dirigeants ne se montrent pas coopératifs et ne sont pas tentés par une richesse aussi soudaine qu’importante, ils sont « délogés » de leurs fonctions manu militari. Le cas extrême consiste à avoir un dirigeant rebelle qui a des services de sécurité importants au-quel cas, la solution se trouve dans la guerre. L&#8217;ancien conseiller explique que c’est la raison de la guerre contre l’Irak et Saddam Hussein. <em>Let’s make money</em> aborde la question du rapport de force au niveau national sous l’angle de ce qu’il est convenu d’appeler l’impérialisme américain. L’idée « <em>an idea, one world, one market</em> » évacue complètement la question des rapports de force à travers l’hypothèse implicite que les individus sont tellement actifs et tmobilisés pour abreuver la soif de consommation de leurs concitoyens, que finalement, tout le monde sort gagnant de cette fabuleuse mécanique.Cela pose question de la redistribution de la richesse, nous y reviendrons plus tard.</p>
<p>Alex Tabarrok aborde de façon claire la limitation des ressources naturelles comme frein à la croissance continue qu’il entrevoit, c’est pour mieux rejeter l’objection en argumentant que l’augmentation du prix des matières premières conduit à développer des technologies moins énergivores et à être en mesure exploiter des sources d’énergie jusqu’ici trop coûteuses. <em>Let’s make money</em> laisse apparaitre en filigrane que la dégradation des conditions environnementales se posent d’abord pour les populations défavorisées (notamment a travers de l’exemple de l’Inde).<br />
<em> Let’s make money</em> en faisant parler le capitalisme décomplexé, Alex Tabarrok en prêchant la croissance sans fin m’amènent à aborder deux angles sous lequel je vois le monde aujourd’hui.</p>
<p>J’ai la conviction, que penser le monde sous l’angle des rapports de force permet de dégager une lecture simple et intéressante du capitalisme contemporain. Pour qu’existent des rapports de force, il nous faut d’abord des protagonistes. Balzac avait bien vu que l’argent était le nerf de la guerre et que la noblesse mourrait à petit feu en demandant que la bourgeoisie lui octroie toujours plus de crédits. Les <strong>capitaux</strong>, la Finance mondiale, les grandes banques et les fonds d’investissement  : voilà notre premier protagoniste. Même si l’<strong>Etat</strong> a cédé du terrain depuis la révolution néo libérale, il reste l’infrastructure de base du monde d’aujourd’hui en tant que souverain. Le dernier acteur est moins facilement identifiable mais prend de plus en plus place en contestant Etats et entreprise. La <strong>société civile</strong> impose un code de conduite (consomm’acteurs, activisme actionnarial, syndicats, associations environnementales, altermondialistes…) aux entreprises et a l’Etat et proposent toute une gamme de services dans leurs interstices (ONG, associations de quartiers…).<br />
Voici comment j’illustrerai les relations qui régissent la cohabitation entre ces trois grands acteurs :</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-32" title="Schéma sur les rapports de force" src="http://karlosmarcos.fr/wp-content/uploads/2009/05/3eme-article-schema-copie.jpg" alt="Schéma sur les rapports de force" width="472" height="472" /></p>
<p>Si le capital trône au sommet de la pyramide, il ne faut pas oublier que la noblesse était au sommet de la société par ordres et que le capital ne pourrait occuper cette position sans l’existence des deux autres.<br />
Nous avons déjà évoqué des <a href="http://karlosmarcos.fr/2009/04/le-capitalisme-ou-la-perte-de-savoir-faire/" target="_blank">problématiques liées à l’éducation</a> dans KM, dans ce cas précis, je ne sais pas si ranger l’éducation sous la société civile ou sous l’Etat, le débat reste ouvert !<br />
Si je n’ai pas été très tendre avec Alex Tabarrok jusqu&#8217;à présent, je trouve l’idée et par-dessus tout l’enthousiasme qui soutiennent la démonstration exemplaires. J’ai tout de même envie de poser la question : <strong>La croissance, pour quoi faire ?</strong><br />
Oui, il y a eu et il existe encore dans les pays en voie de développement une certaine naïveté par rapport a la croissance. La croissance reste pour une idée liée à la modernité, celle d’un progrès infini. Il est compréhensible que l’idée et ses manifestations pratiques soient grisantes : pensez à l’Inde, un des pays les plus pauvres du monde, où, soudain (en 15 ans a peine), les immeubles et le confort modernes envahissent tout dans un mouvement de grand enthousiasme, où les déplacements deviennent plus faciles et où apparaissent toute une gamme de divertissements et d’activités.<br />
<strong> Mr Alex Tabarrok, plus un marché est grand plus on peut amortir des coûts de conception et de développement importants. L’argument ne prend cependant pas en compte la diversité des cultures, pratiques qui empêchent qu’un jour le marché mondial ne soit complètement uniforme et ignore le fait que les arbres ne grimpent pas jusqu’au ciel… La croissance, comme principal objectif d’une société n’est pas non plus tenable lorsque la majorité ne voit plus ses conditions de vie s’améliorer, ce qui est le cas aujourd’hui.<br />
</strong></p>
<p>La croissance dans sa voracité quantitative se nourrit bien souvent d’éléments pré existants. Un exemple parmi d’autres nous est livré dans <em>Let’s make money</em> avec la privatisation du tram de Vienne ou la « mise en valeur » du littoral espagnol en construisant des complexes fantômes.<br />
Au-delà de la croissance du PIB, je crois qu’il est temps aujourd’hui de focaliser notre attention sur trois autres thèmes :</p>
<p>L’éducation et la transmission des savoirs, sans obligatoirement qu’échange financier, il y ait. La qualité de vie et l’environnement et un sens de la convivialité.<br />
L’ère moderne était basée sur la philosophie des Lumières. L’individu était au centre de ce système et son but ultime était la possession matérielle visant à augmenter son indépendance. Cette logique historique a été renversée par les développements du capitalisme au XXème siècle : la possession matérielle devient de plus en plus un facteur de dépendance (la consommation comme seule réalisation de soi ; développement du marketing et de ses techniques de manipulation de l’esprit ; endettement et surendettement des sociétés et des individus pour consommer, etc.). L’émergence actuelle de <a href="http://www.youphil.com" target="_blank">la société civile</a> et des <a href="http://www.blogdesylvain.com/">media sociaux</a> nous démontrent que cette logique satisfait de moins en moins de monde et qu’il est temps de corriger le tir pour rétablir un certain équilibre.</p>
<p>Alors oui, j’ai la même envie d’optimisme que Alex Tabarrok. Mon optimisme ne porte cependant pas sur le même objet. Je suis optimiste sur le fait que société civile, entreprises et Etat peuvent se mobiliser sur des thèmes comme l’éducation et la qualité de vie pour développer des espaces de convivialité. Et comme Jeremy Rifkin dans le rêve européen, je pense que l’Europe a de nombreux avantages pour amorcer ce mouvement et devenir un nouveau modèle.</p>
<p>Karlos pour KM</p>
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		<title>Le capitalisme ou la perte de savoir-faire</title>
		<link>http://karlosmarcos.fr/2009/04/le-capitalisme-ou-la-perte-de-savoir-faire/</link>
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		<pubDate>Thu, 30 Apr 2009 11:42:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marcos</dc:creator>
				<category><![CDATA[Alienation]]></category>
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		<category><![CDATA[penseurs]]></category>
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		<category><![CDATA[critique]]></category>

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		<description><![CDATA[Toute bonne critique du capitalisme ne peut être détachée d’une analyse des mécanismes qui font son succès. Difficile, en effet, de prédire la chute imminente d’un système qui se distingue par sa longévité ; difficile, alors, de ne pas se pencher sur les raisons d’une telle pérennité.
Les théories en la matière ne manquent pas. Certains [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Toute bonne critique du capitalisme ne peut être détachée d’une analyse des mécanismes qui font son succès. Difficile, en effet, de prédire la chute imminente d’un système qui se distingue par sa longévité ; difficile, alors, de ne pas se pencher sur les raisons d’une telle pérennité.</p>
<p>Les théories en la matière ne manquent pas. Certains économistes soulignent le rôle joué par l’innovation dans le renouvellement constant du capitalisme. Des historiens mettent en avant le rôle de l’expansion guerrière (colonisation) et des conflits armés (guerres mondiales, guerre froide), qui lui ont permis de surmonter ses principales crises. Sur un registre plus sociologique, d’autres penseurs ont démontré la capacité du capitalisme à comprendre des attentes sociétales et à réaliser les promesses correspondantes (recherche de sécurité au cours des trente glorieuses ; recherche d’autonomie et d’épanouissement individuel à partir des années 1970). Plus largement, de nombreux courants se sont attachés à mettre en lumière que le capitalisme durait en déployant des logiques d’aliénation.</p>
<p>Dans tout ce vaste foisonnement d’idées, il est une grille de lecture permettant d’en réconcilier plusieurs. Elle pourrait être hardiment résumée de la sorte : si le capitalisme perdure, c’est qu’il crée chez les individus une perte de savoir-faire (et donc d’autonomie), ce qui les rend plus dépendant des institutions du capitalisme, et réduit ainsi leur capacité à se rebeller.<span id="more-26"></span></p>
<p>Cette situation s’observe parfaitement dans le monde du travail. Marx soulignait déjà que la différence entre un ouvrier et un prolétaire était que l’ouvrier possédait son propre savoir-faire alors que le prolétaire ne le possédait plus, son savoir-faire ayant été « transféré » dans la machine ; ainsi démuni, le prolétaire se trouvait contraint de « se vendre » à vil prix.</p>
<p>De nos jours, il est très rare qu’un travailleur possède un savoir-faire significatif sur l’ensemble du processus de fabrication d’un bien ou d’un service, car ces processus longs et saucissonnés sont soit automatisés, soit répartis entre services, prestataires externes, consultants. Plus personne n’en possède la compréhension globale ! Chaque salarié n’est qu’un maillon spécialisé de la chaîne, aisément substituable par externalisation ou délocalisation, qu’il soit d’ailleurs OS ou ingénieur (le secteur automobile en fait aujourd’hui l’expérience). Sa dépendance vis-à-vis de l’entreprise est structurellement accrue ; et son envie de pousser une gueulante sur le système diminue d’autant.</p>
<p>Mais le monde du travail n’est pas le seul touché par ce phénomène ; plusieurs autres dimensions de la vie sont atteintes. Reprenons les mots du philosophe Bernard Stiegler, lors d’une conférence donnée à la dernière Fête de l’Humanité : « <strong><em>La prolétarisation devient au XXe siècle la perte du savoir-vivre qui affecte les consommateurs.</em></strong> <em>Nous ne savons plus faire à manger, préparer nos vacances, nous savons de moins en moins nous occuper de nos enfants, entourer nos parents. Des sociétés de services le font à notre place. Bientôt nous n&#8217;aurons même plus à conduire nos voitures : elles se conduiront toutes seules sur des autoroutes électroniques. »</em> En d’autres termes, les citoyens de la société capitaliste industrielle externalisent eux aussi des pans croissants de leur existence, et s’appuient de moins en moins sur leurs propres capacités créatrices. Mais comment diable y sont-ils venus ?</p>
<p>Selon Ivan Illich, autre penseur contestataire, la société industrielle entretient une sorte de complexité factice qui rend le monde de moins en moins lisible pour les citoyens, et qui légitime donc le recours à des experts, des sachants ou des professionnels sur des aspects de plus en plus nombreux de la vie. Plus question de construire seul sa propre maison ; plus question de choisir de mourir chez soi, plutôt qu’à l’hôpital : il faut toujours passer par l’institution adéquate, pour a minima obtenir son agrément. « <em>De nos jours</em>, écrit Ivan Illich dans La Convivialité, <em>l’avancée scientifique est identifiée à la substitution de l’initiative humaine par un outillage programmé, mais ce qu’on prend ainsi pour l’effet de la logique du savoir n’est en réalité que la conséquence d’un préjugé idéologique. La science et la technique étayent le mode industriel de production et imposent de ce fait la mise au rancart de tout outillage spécifiquement lié à un travail autonome et créateur. » </em></p>
<p>Cette programmation du progrès humain n’est pourtant pas le stade ultime de la perte de savoir-faire et de savoir-vivre générée par le capitalisme industriel ; en effet, même le désir humain peut être programmé. Alors que Marx vouait le capitalisme à des crises de sous-consommation récurrentes, le XXème siècle a vu l’installation de la « société de consommation », c&#8217;est-à-dire de la consommation comme réalisation de soi. S’appuyant sur la force croissante des média et sur les techniques de marketing, le capitalisme accroît ses débouchés en mobilisant l’énergie libidinale (l’énergie du désir) des individus.</p>
<p>Le tableau brossé semble noir. Difficile de comprendre pourquoi les citoyens se laisseraient prendre à un piège qui, ainsi décrit, paraît grossier. Pour Ivan Illich, la pierre angulaire de cette perte de savoir-faire que produit le capitalisme industriel et dont il tire parti tient dans une institution : l’école. Selon lui, l’école (qu’il distingue de l’éducation), est une machine à créer de l’« esprit scolaire », mélange de docilité devant le professeur, d’acceptation de la chose enseignée, d’absence de créativité, le renoncement de l’élève devant l’institution de l’école préparant le renoncement du citoyen devant les autres institutions de la société capitaliste industrielle. « <em>L’enseignement fait de l’aliénation la préparation à la vie,</em> résume Ivan Illich dans Une société sans école, <em>séparant ainsi l’éducation de la réalité et le travail de la créativité. Il prépare à l’institutionnalisation aliénatrice de la vie en enseignant le besoin d’être enseigné. Une fois cette leçon apprise, l’homme ne trouve plus le courage de grandir dans l’indépendance, il ne trouve plus d’enrichissement dans ses rapports avec autrui, il se ferme aux surprises qu’offre l’existence lorsqu’elle n’est pas prédéterminée par la définition institutionnelle. »</em></p>
<p>Nous verrons, dans un billet ultérieur, s’il est possible de sortir de cette toile d’araignée inextricable.</p>
<p>Marcos pour KM</p>
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		<title>Le carcan social ou la culture d’entreprise</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Apr 2009 20:37:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Karlos</dc:creator>
				<category><![CDATA[management]]></category>
		<category><![CDATA[entreprise]]></category>
		<category><![CDATA[motivation]]></category>

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		<description><![CDATA[Voici une histoire racontée par Bernard Werber :
Soit une expérience scientifique qui compte : des singes, une cage, une échelle et une banane. La banane est suspendue en hauteur, et placée en haut de l’échelle. On introduit quatre singes dans la cage.
Le premier singe monte à l’échelle pour attraper le fruit convoité. Au milieu de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voici une histoire racontée par <a href="http://www.bernardwerber.com/blog/">Bernard Werber</a> :</p>
<p>Soit une expérience scientifique qui compte : des singes, une cage, une échelle et une banane. La banane est suspendue en hauteur, et placée en haut de l’échelle. On introduit quatre singes dans la cage.</p>
<p>Le premier singe monte à l’échelle pour attraper le fruit convoité. Au milieu de son ascension, un jet d’eau se met en marche, le mouille et le déséquilibre. Il tombe de l’échelle. C’est alors que notre deuxième singe tente lui aussi d’attraper la banane. Il lui arrive la même mésaventure. Il en sera de même pour les troisième et quatrième singes.</p>
<p>On coupe alors le jet d’eau, on fait sortir un singe mouillé de la cage pour le remplacer par un nouveau singe sec. Celui-ci, sûr de lui, se dirige vers l’échelle. Mais les singes mouillés lui bloquent le passage, anticipant le fait que les mêmes causes produiront forcément les mêmes effets. Notre nouveau singe se trouve ainsi KO et abandonne toute idée de banane.<span id="more-18"></span></p>
<p>L’expérience continue et on fait, à nouveau sortir un singe mouillé en le remplaçant par un singe sec. Celui-ci se dirige à son tour vers l’échelle, les deux singes mouillés restant vont bien évidemment lui bloquer le passage, mais celui qui vient de se prendre une raclée, s’y met également ! Il ne connait pas le jet d’eau mais pense qu’une tradition existe dans cette cage : à chaque fois qu’un nouvel individu rentre, il faut le bastonner.</p>
<p>On le voit bien, nos singes ont laissé de côté l’idée de la banane pour s’occuper des nouveaux arrivants en leur faisant bien comprendre que leur cage comporte des règles et qu’il va falloir les respecter.</p>
<p>A bien y réfléchir, n’est-ce pas exactement ce qu’il se passe dans une entreprise quand un nouveau collaborateur arrive ? Ne se soucie-t-on pas plus des nouveaux arrivants que de la banane qu’il faut attraper collectivement ?</p>
<p>Les règles informelles qui régissent l’entreprise répondent au doux nom de « culture d’entreprise » et la banane s’appelle « la vision de l’entreprise ». Avant de pouvoir parler (être écouté est encore une autre étape), il faut faire ses preuves, c’est à dire montrer que l’on a compris et que l’on respecte les règles de la cage.</p>
<p>Mon sentiment personnel est que <strong>plus une entreprise se structure, plus elle devient une machine à produire du conformisme et plus le jeu politique prend de l’espace au détriment des idées novatrices.</strong> Le tout orchestré par une méthode Coué (« nous sommes les meilleurs ») souvent à la limite du crédible.</p>
<p>Dans le fond, c’est un message assez contradictoire que le management envoie aux salariés. Il réclame plus de proactivité, plus d’engagement et plus d’autonomie de leur part (l’empowerment), mais n’en assume pas toutes les conséquences implicites, notamment une demande accrue de reconnaissance personnelle et d’indépendance vis-à-vis des processus hiérarchiques.</p>
<p>Mais attention : à promettre plus que ce qu’elle donne à ses salariés, l’entreprise s’expose à des risques. A être peu écouté, on se sent peu concerné, et on peut même se sentir en droit de « cracher dans la soupe ». Absentéisme, troubles psychiques liés au travail, ou « désinvestissement des cadres » n’en sont que quelques manifestations infimes.</p>
<p>Karlos pour KM</p>
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